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Culture & Kabylie

Ces gestes de bricolage qui font tenir les appartements algériens

Kamel Aït OualiPar Kamel Aït Ouali
· 3 min de lecture

La chasse d’eau qui fuit depuis trois semaines, le robinet de la cuisine qui goutte la nuit, la porte du balcon qui ferme mal dès que le vent de l’est se lève : dans nos logements, personne n’échappe à la petite réparation du samedi. On appelle le plombier, il promet de passer « demain inchallah », et l’on finit par regarder des tutos sur son téléphone. C’est exactement là que papabricole.fr m’a servi : un blog de bricolage sans jargon, avec des pas à pas qu’on peut suivre avec une caisse à outils de débutant.

Je ne suis pas bricoleur. J’ai grandi dans un appartement de Bab Ezzouar où mon père réparait tout avec un tournevis et beaucoup de patience.

Le bricolage domestique en Algérie ne ressemble pas à celui des magazines français. Ici, on ne rénove pas une longère : on compose avec des murs en béton armé, des canalisations capricieuses et des pièces dont les plans n’ont jamais été pensés pour accueillir une machine à laver. Les casses de quartier vendent des pièces détachées à moitié prix, et le voisin du dessous devient votre conseiller technique attitré.

Ce qui casse le plus souvent, et ce qu’on peut faire soi-même

Sur une année, un foyer algérien dépense en moyenne entre 8 000 et 15 000 dinars en petites réparations : joints, siphon, robinetterie, poignées, serrures. Des montants qui pèsent quand le salaire moyen tourne autour de 45 000 dinars. La tentation de tout faire venir d’un artisan est réelle, mais beaucoup d’interventions relèvent du niveau zéro.

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Changer un joint de robinet prend dix minutes. Reboucher un trou dans un mur de placo mal fixé, une demi-heure. Poser une étagère qui ne tombe pas au bout de deux semaines quand le mur est en béton, c’est une autre histoire, et c’est justement le genre de cas où les explications génériques trouvées sur les forums ne suffisent plus.

  • Rejointer la robinetterie de la salle de bain, avec une clé et du ruban téflon
  • Rattraper une porte qui frotte le sol, en réglant les charnières
  • Réparer une chasse d’eau qui fuit en continu, souvent une membrane à remplacer
  • Isoler une fenêtre mal jointe pour couper le vent d’hiver, sans démonter le châssis

Le matériel change, les gestes restent

Un constat un peu tranchant : le bricoleur algérien moyen sait faire beaucoup avec peu. Il percera un mur avec une perceuse empruntée, calera un meuble avec des cales découpées dans du carton, et refera une étagère avec des planches récupérées chez le menuisier du coin. Cette débrouille est une force. Le revers, c’est qu’elle repose souvent sur des habitudes transmises de père en fils, sans mise à jour.

Or les matériaux ont changé. Le placo est arrivé dans les constructions récentes, les mélanges ciment-sable ne sont plus les mêmes, et un mur porteur ne se perce pas comme une cloison. Certains gestes d’autrefois abîment maintenant ce qu’ils réparaient. Pour les futurs acquéreurs, voir nos conseils pour acheter un appartement à Béjaïa.

Lire un guide de bricolage, ce n’est donc pas trahir la tradition familiale. C’est la prolonger avec les bons repères.

Bricoler quand on vit à l’étranger, ou pour ses parents restés au pays

La diaspora algérienne a un rapport particulier à ces questions. Une bonne partie des enfants installés en France, en Belgique ou au Canada envoie chaque mois de l’argent au pays, et une fraction sert justement à payer les travaux de la maison familiale. Combien de fils et de filles reçoivent une photo floue d’un robinet cassé, pris depuis leur bureau à Lyon, avec cette phrase : « tu peux expliquer à ton frère quoi acheter ? »

Dans ce cas de figure, la ressource en ligne devient un intermédiaire. On ne peut pas tenir la perceuse à distance, mais on peut décrire précisément le problème, identifier la pièce, comparer deux solutions et guider au téléphone. Je l’ai fait pour ma mère à propos d’une fenêtre qui laissait passer l’air, et le simple fait d’avoir des étapes claires en a rassuré plus d’un dans la famille.

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Un bémol, toutefois : tous les tutos ne se transposent pas. Les normes électriques, les diamètres de tuyaux, les types de murs varient d’un pays à l’autre. Un montage montré dans une vidéo pour une maison française ne conviendra pas forcément à un immeuble des années 1980 à Oran. Il faut lire avec discernement, et parfois s’arrêter avant de tout casser.

Budget serré, résultat propre

Ce que j’ai retenu de ces lectures, c’est une hygiène de base : acheter la bonne pièce dès le départ, ne pas économiser sur l’outil qui sert souvent, et se fixer une limite avant de commencer. Si l’intervention touche au gaz ou au tableau électrique, on laisse tomber et on paie quelqu’un de qualifié. Le reste, on peut l’apprendre.

Le samedi matin, un tournevis, deux joints et un peu d’attention font souvent plus qu’une énième visite d’artisan pressé.

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