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Bouteflika libére El Para

La capture du numéro deux du GSPC, Abderrezak El Para, le 16 mars 2004, ne semble pas avoir emballé les autorités algériennes. Mieux : leur peu d'empressement à courir récupérer l' émir des mains des rebelles du Tchad a finalement contribué à sa libération contre une ranàon payée par deux autres activistes du GSPC, selon les informations rapportées sur RFI par Richard Labéviére dans son édito sur Radio France Internationale (RFI) intitulé Les petites affaires du Grand Sud dans son édition d'hier, mercredi 2 juin. Le journal Le Monde, dans son édition du 26 mai dernier et signé Jean-Philippe Rémy, sous le titre El Para, le chef islamiste dont personne n'en veut , fait parler l'un des responsables de la rébellion tchadienne du Mouvement pour la démocratie et la justice tchadien (MDJT) qui affirme àtre venu à Alger et avoir rencontré les autorités pour négocier la livraison de leur gros poisson, Amari Saàfi, alias Abderrezak El Para. Brahim Tchouma, chargé des Affaires extérieures de la rébellion tchadienne basée à Paris, est chargé donc par son organisation de rencontrer les responsables algériens, les premiers intéressés par la capture d'El Para recherché depuis 1992, date à laquelle il rejoint le maquis aprés sa désertion des rangs de l'ANP. Arrivé dans la capitale, rapporte le journal Le Monde, le représentant du MDJT propose à Alger ses pistes d'atterrissage et ses bases du Tibesti pour organiser son exfiltration . Proposition jugée
inacceptable par les autorités qui ont exigé qu'El Para leur soit livré sans que l'Etat algérien ne s'implique ni mette les moyens pour ce faire. Le représentant de la rébellion tchadienne, selon ses propos recueillis par le journaliste du Monde, a opposé un refus catégorique : Nous, notre cause, c'est de libérer le Tchad, pas de transporter des terroristes. Brahim Tchouma révéle, ainsi, le peu d'empressement d'Alger pour se décider à rapatrier El Para en le laissant filer, alors qu'elle avait là une occasion en or de prouver que la lutte antiterroriste n'est pas un vain mot. On nous faisait tourner en rond, comme si personne n'avait envie en réalité de venir le chercher , conclut l'émissaire du MDJT. Mais ceci n'explique pas tout. Le fait que ces négociations se soient tenues dans le plus grand secret a mis l'Algérie dans l'embarras.
Comment pouvait-elle, en effet, négocier la livraison
d'El Para avec des chefs rebelles au Tchad au risque de provoquer un différend diplomatique sérieux avec le gouvernement de N'Djamena qui donne la chasse à cette organisation rebelle . En acceptant les termes de la négociation avec le MDJT pour la livraison d'El Para, Alger aurait de facto donné une crédibilité politique au mouvement de la rébellion tchadienne, actuellement dans la clandestinité. Ce dernier ne cherchait-il d'ailleurs pas à travers l'opportunité de la capture, par ailleurs accidentelle, du terroriste algérien à saisir là l'occasion de s'attribuer une légitimité politique par la caution algérienne dans ces tractations ? Alger, de son càté, gàné par un interlocuteur rebelle à l'Etat tchadien, voulait sans doute mener à bon port ces négociations en évitant de froisser les autorités de N'Djamena. L'autre raison, qui reléve cette fois de la politique intérieure, est que la capture d'El Para et la proposition du MDJT de le livrer à Alger mettent à mal le processus de réconciliation nationale prànée par Bouteflika et qui, en fait, depuis son plébiscite du 8 avril, l'essentiel de sa démarche politique aprés avoir durant tout son premier mandat congratulé le chef d'El Para, Hassan Hattab, en l'appelant avec tous les égards Monsieur Hattab . Mais quelles que soient les raisons, le fait est là.
C'est le GSPC qui a gagné : il paie la ranàon avec l'argent du racket et des massacres de populations et libére El Para qui reprendra ses attentats sanglants, comme celui de Batna oà 43 militaires ont été tués dans une embuscade terroriste.
Rachid Mokhtari


Rachid Mokhtari

02-06-2004

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