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Richard Labéviére, chef du service de politique internationale à  RFI
« La position algérienne peut àªtre comprise »

Richard Labéviére est chef du service de politique internationale à  RFI.
Il est l'auteur chez Grasset de Les Dollars de la terreur, Les Etats-Unis et les islamistes, paru en janvier 1999. Dans cet entretien, il affirme que les rebelles tchadiens ont pris contact avec les autorités algériennes pour leur « vendre » El Para. Alger n'aurait montré, selon le journaliste, aucun empressement à  récupérer le terroriste.

Le Matin : Dans votre article publié aujourd'hui par RFI, vous dites que les rebelles tchadiens du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) ont pris contact avec les autorités algériennes au sujet de la livraison de Amari Saà¯fi alias Abderrezak El Para. Comment pouvez-vous àªtre aussi affirmatif ?
Richard Labéviére : Effectivement, l'information publiée est on ne peut plus sà»re et confirmée. Nous avons eu plusieurs contacts que nous avons pris le soin de croiser. D'abord nous avons eu des contacts avec de différentes sources tchadiennes qui sont toutes formelles. Des représentants des rebelles tchadiens du MJTD se sont rendus à  Alger pour négocier avec les autorités algériennes. Ceci est notre premier argument. Le second, c'est la confirmation que nous avons eue d'Alger par le croisement de différentes sources fiables et autorisées.

Notamment des militaires ?
Notamment des sources militaires.

Vous affirmez également que les autorités d'Alger n'ont montré « ni empressement ni véritable intéràªt à  récupérer cet homme ». Comment expliquez-vous cela ?
La position officielle algérienne peut àªtre parfaitement comprise. La raison d'Etat peut àªtre incontestablement invoquée. Il est absolument illégitime qu'un Etat négocie avec un mouvement rebelle d'un pays voisin. Un Etat ne traite pas avec des rebelles. Ce qui est parfaitement compréhensible. On pouvait, par ailleurs, recourir à  une médiation. La Libye n'a montré aucune disposition dans ce sens. De toute apparence, les autorités du Niger, non plus, n'étaient pas prédisposées à  assurer ce rà´le. Ce sont là  les raisons objectives ou les explications que je peux fournir. Je ne veux absolument pas en tirer une explication politique.

Dans ce màªme article vous avancez que les acolytes d'El Para ont versé une ranà§on de 200 000 euros pour récupérer leur chef. Ne s'agit-il pas là  de l'argent versé par Vienne Bonn et Berne pour récupérer leurs ressortissants l'an dernier ?
Vous avez absolument raison d'avancer ce raisonnement. On ne peut absolument pas oublier qu'en amont des 200 000 euros versés par le GSPC au MJTD pour la libération d'El Para, il y a eu 5 millions d'euros versés par ces capitales occidentales pour la libération de leurs ressortissants otages de ce groupe terroriste. Màªme si les pays concernés ne reconnaà®tront jamais avoir payé cette ranà§on, tout l'indique et c'est aujourd'hui un fait avéré. Il est aussi connu que l'aile du GSPC qui active dans cette partie du territoire algérien pratique vraisemblablement du banditisme. Cette aile donc opérait des irruptions en territoire tchadien pour se procurer des armes. Tant que les rebelles tchadiens avaient un certain appui financier des Libyens, les éléments du GSPC n'étaient nullement inquiétés. Mais aprés que les Libyens ont pris leurs distances, il fallait qu'ils trouvent d'autres sources financiéres, mais également se démarquer des intégristes et se débarrasser de l'étiquette islamiste. Que le MJTD ne soit reconnu que comme opposition armée au pouvoir central du Tchad et, par conséquent, àªtre à  l'abri des opérations communes menées par les armées algérienne, mauritanienne et malienne. C'est pourquoi, c'était primordial aux rebelles tchadiens de « vendre El Para » et de monnayer son emprisonnement sur tous les plans.

Cela nous améne à  parler de la fameuse base américaine à  l'extràªme Sud algérien. Une information démentie par les autorités algériennes, mais également par l'ambassade des Etats-Unis
Bien sà»r que les Américains ne reconnaà®tront pas publiquement l'existence de cette base. Pourtant, elle existe bel et bien au sud de Tamanrasset. Cette petite base fait partie d'un dispositif secret qui dépend du commandement des forces américaines en Europe. Cette base a, entre autres missions, d'épauler les armées de la région sahélienne, notamment celles du Mali et de la Mauritanie dans leur lutte antiterroriste et d'assurer la formation d'une élite spécialisée dan la lutte antiterroriste.
Propos recueillis par Ghada Hamrouche


Propos recueillis par Ghada Hamrouche

02-06-2004

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