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Ouverture du procés au Sierra Leone sur la guerre civile
Neuf lampistes à  la barre

Le tribunal spécial pour le Sierra Leone, chargé de juger les responsables des atrocités commises durant la guerre civile (1991-2002) qui a fait 200 000 morts, organise, deux ans aprés sa création en accord avec les Nations unies, le premier d'une série de procés, aujourd'hui à  Freetown, qui risque de faire école en cas de succés pour le jugement des conflits similaires en Afrique.
C'est le premier tribunal international à  siéger en dehors de la juridiction de l'ONU et dans le pays concerné. Moinina Fofana et Allieu Kondewa, deux anciens chefs des Kamajors, milices progouvernementales, et l'ancien ministre de l'intérieur, Sam Hinga Norman, seront sur le banc des accusés aux cà´tés d'autres. Ils doivent répondre devant le procureur David Crane de plusieurs accusations dont « crimes de guerre, crimes contre l'humanité » et « violations du droit humanitaire international » comme le recrutement des enfants pour en faire des soldats, une pratique qui n'est pas spécifique au Sierra Leone qui n'a jamais fait l'objet de poursuites judiciaires devant un tribunal international.
Ces accusations risquent de replonger le pays, selon les analystes, dans un autre conflit : une partie de Sierra-Léonais considére ces trois miliciens comme des héros nationaux : ils ont combattu le Front révolutionnaire uni (RUF) qui a déclenché le conflit en 1991.
Autre raison avancée, le fait de ne pas commencer ce procés par ceux qui ont déclenché le conflit. Trois chefs du RUF comparaà®tront à  partir du 5 juillet. Leur chef, le fondateur de ce mouvement, Foday Sankoh, est mort depuis en détention et le lieutenant de celui-ci, Sam Bockarie, est en prison au Liberia.
En outre, les deux principaux responsables du conflit sont en fuite. Johnny Paul Koroma, qui a renversé le Président Ahmad Tejan Kabbah en 1997, est à  l'étranger, l'ex-président libérien, Charles Taylor, le parrain et financier du RUF, est en exil au Nigeria depuis sa chute en aoà»t 2003 et le président nigérian Olusegun Obasanjo refuse de le livrer au tribunal de Freetown màªme si l'ancien homme fort du Liberia fait l'objet d'un mandat d'arràªt international.
Autant de raisons qui font dire aux analystes que les « trois » anciens chefs des Kamajors pourraient àªtre acquittés par le tribunal qui, à  défaut de juger les commanditaires de la tragédie du Sierra Leone, se contente des « seconds couteaux ». Le Conseil de sécurité, qui a promis que « le rapport de l'ONU sur le Sierra Leone ne restera pas lettre morte » et que les auteurs des massacres rendront compte de leurs crimes, laissera-t-il les deux principaux responsables de la mort des 200 000 personnes vivre en exil ?
Djamel Boukrine


Djamel Boukrine

02-06-2004

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