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Deuxiémes rencontres cinématographiques de Béjaà¯a
« Le public veut renouer avec le 7e art »

La cinémathéque de Béjaà¯a a peu à  peu renoué avec le public cinéphile à  l'occasion de la deuxiéme édition des Rencontres cinématographiques qui se tiennent du 30 mai au 4 juin sous la houlette des associations Project-Heurts et Kaà¯na Cinéma. Ce n'est certes pas encore la grande affluence, mais cet événement culturel a suscité un intéràªt en nette croissance comparativement à  l'édition de l'année derniére.
Durant les journées de lundi et mardi, le public était en effet plus présent comme nous l'avions constaté lors de la projection du film Chantz l'enfant-jazz du réalisateur Mohamed Kounda. Expliquant la thématique de son film documentaire, ce dernier a notamment mis l'accent sur les dures conditions de vie qui touchent de larges proportions de la population américaine. Il a décrit l'Amérique des pauvres à  travers l'histoire pathétique de Chantz, un enfant trompettiste en quàªte de réussite et d'insertion sociale.
Le Ràªve algérien, un film-documentaire de 110 minutes, réalisé en 2002 par Jean-Pierre Lledo, a été suivi avec une attention particuliére par un public fortement ému. Le film relate l'émouvante rencontre de Henri Alleg, ancien directeur d'Alger-Républicain (1950/55), avec d'anciens camarades et compagnons de lutte pendant les terribles années de la guerre de Libération. Aprés un demi-siécle de séparation, Alleg retrouve à  Alger, Annaba, Oran et Cherchell, des amis octogénaires avec lesquels il évoqua des souvenirs avec une étonnante précision sur les événements liés à  la lutte anticoloniale. Pour donner plus de crédit à  son long témoignage, il a raconté avec force détails o๠et comment des communistes algériens d'origine européenne, entre autres, ont été torturés à  cause de leur engagement pour l'indépendance de l'Algérie. La fraà®cheur de la spontanéité du dialogue entre Henri Alleg et ses anciens compagnons, qu'il n'a pas revus depuis plus de quarante ans, témoignait de la forte conviction qu'ils avaient quant à  leur idéal politique. D'ailleurs, à  la fin du documentaire, le public s'est laissé emporter par une longue ovation en guise de reconnaissance méritée envers le militantisme profondément humaniste d'une race d'intellectuels exceptionnels, tels Alleg, Abdelhamid Benzine.
Par ailleurs, en marge des projections de courts et de longs métrages réalisés par des Algériens et des Franà§ais, des ateliers étaient organisés et encadrés par des professionnels du cinéma, tels que Michel Driguez, représentant du Festival international méditerranéen de Montpellier, Nadira-Ardjoun, représentante du festival du court métrage de Clermont-Ferrand Deux groupes de travail sont à  pied d'uvre depuis hier auxquels ont pris part une trentaine de stagiaires venus de différentes villes du pays : Alger, Sétif, Oran, Tizi Ouzou, Constantine, Timimoune.
Le premier groupe a planché sur le théme relatif à  « L'éducation à  l'image » pour dégager une réflexion nouvelle sur la meilleure maniére de mettre en place une méthode de formation des formateurs qui auront plus tard pour tà¢che d'introduire cette matiére à  la fois dans un cadre scolaire (école, collége et lycées) et préscolaire (maisons de jeunes, centres socioculturels).
Le deuxiéme groupe s'est focalisé sur les méthodes à  utiliser pour créer et animer des ciné-clubs. « Les stagiaires ayant pris part à  cet atelier sauront, une fois dans leurs villes, comment mettre sur pied un ciné-club dans l'objectif de faire revivre le cinéma chez eux », nous a déclaré la jeune Bouchra Blidi, membre de l'association Project'Heurts. Elle ajoutera que si l'expérience de la création de ciné-club réussit dans d'autres villes, celles-ci pourront plus tard organiser leurs propres rencontres cinématographiques.
« Durant la tenue de ces ateliers, confiera-t-elle encore, on a beaucoup appris des professionnels du cinéma qui nous ont transmis leur savoir-faire, leurs connaissances et leurs fructueuses expériences ».
Sur un autre registre, Abdenour Haouchiche, le président de l'association Project'Heurts, considére, quant à  lui, que màªme s'il y a eu durant ces derniéres années une « coupure » entre le cinéma et la société, il ne s'agissait pas pour autant d'une « rupture ». « Quand on continue toujours à  lui présenter des films, dira-t-il, le public cinéphile se manifeste de plus en plus et participe màªme aux débats avec les réalisateurs. » Pour lui, ceci augure de bonnes perspectives pour le septiéme art à  Béjaà¯a comme ailleurs, màªme s'il reste encore, précise-t-il, beaucoup à  faire pour que le cinéma connaisse à  l'avenir un véritable essor.
« Pour l'heure, estimera-t-il, nous allons devoir consolider ces rencontres cinématographiques pour qu'un jour, on puisse prétendre instituer un festival de cinéma à  Béjaà¯a.»
Kader Sadji


Kader Sadji

02-06-2004

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