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« Nous investirons en Algérie »

A. U.
01-01-2003

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Par Attila Uzer *

Tenter de prospecter les voies sinieuses du futur est un exercice qui peut s'avérer fort dangeureux, surtout dans le monde mouvant dans lequel nous évoluons. Je tenterai pourtant de dégager quelques grands axes de perspectives pour l'année à  venir. Pour cela, j'aborderai certains événements marquants de l'année 2002 qui incorporent les germes des évolutions futures, puis essaierai de cerner les contours des attentes en ce qui concerne les relations algéro-turques.
Les lecteurs du quotiden Le Matin qui ont pu parcourir « Le journal de l'année 2002 » auront pu se rendre compte que cette année a été fort riche en développements.
La prise en compte de la nocivité du fléau terroriste au niveau international suite au traumatisme provoqué par le « 11 septembre » a représenté une grande avancée pour mon pays. En effet, la Turquie, qui, tout comme l'Algérie, a terriblement souffert des affres du terrorisme, n'avait eu de cesse d'essayer d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les dangers de ce fléau. Seuls quelques pays avaient pràªté une oreille attentive à  ces mises en garde et moins encore avaient pris des mesures en vue de pousser plus en avant la coopération au niveau international pour faire face à  ce fléau.
Durant l'année à  venir, la coalition internationale devra faire preuve d'une forte solidarité et mettre en place des mécanismes de coopération encore plus poussés dans sa lutte contre le terrorisme. D'autant plus que la constellation terroriste a eu tout le temps d'étendre et d'approfondir ses ramifications dans certains pays qui, pour diverses raisons, s'étaient montrés plus complaisants à  son égard.
L'année 2002 aura aussi été témoin de l'élargissement historique des deux principaux clubs européens, l'OTAN et l'Union européenne. L'ensemle euro-méditerranéen auquel est liée l'Algérie, d'une part par l'accord d'association signé avec l'UE et, d'autre part, par la coopération intense poursuivie avec l'Alliance Atlantique dans le cadre du « dialogue méditerranéen » se trouve ainsi considérablement étendu. Durant les années à  venir, la Turquie et l'Algérie, qui constituent en quelque sorte les arc-boutants de ce grand ensemble, pourront profiter des potentialités ainsi offertes pour donner une dimension plus vaste et plus profonde à  leur coopération.
Les développements au Moyen-Orient incitent, par contre, à  moins d'optimisme. La Turquie dont la politique étrangére est bà¢tie sur la devise formulée par Mustafa Kemal Attatà¼rk « Paix dans le pays, paix dans le monde » a toujours fait preuve d'une grande énergie en vue d'asseoir une zone de paix, de prospérité et de sécurité s'étendant à  toute la region. L'ouverture d'une voie vers la fondation d'un Etat palestinien en l'année 2003 devrait permettre de donner un espoir en ce qui concerne l'établissement d'une telle zone.
En ce qui concerne l'Irak, mon pays soutient les efforts déployés par les Nations unies en vue de trouver une issue pacifique. Une coopération maximale des instances dirigeantes irakiennes avec les Nations unies représente la seule issue pour éviter un nouveau conflit qui aurait des effets désastreux pour toute la region.
Enfin, je note que l'évolution technologique va en s'accélérant. La nouvelle économie, bà¢tie autour de pà´les technologiques rassemblant les compétences d'experts de tous horizons, permet la réalisation des ràªves les plus chers à  l'humanité. Cette nouvelle révolution représente une incroyable opportunité, mais aussi un grand défi que nos pays devront saisir.
En ce qui concerne la Turquie, l'événement qui marquera sans conteste mes concitoyens pour l'année 2002 sera l'immense travail entrepris en vue de refondre la législation nationale pour permettre la mise en place d'un Etat à  l'écoute de ses citoyens et encore plus respectueux des droits de l'Homme.
Ces réformes courageuses ont permis à  la Turquie d'acquérir un cadre législatif en avance màªme sur certains pays membres de l'UE. Le sommet européen de Copenhague a d'ailleurs confirmé la vocation de la Turquie à  devenir membre de l'UE sur la base des màªmes critéres que les autres pays candidats, et donné une perspective pour l'initiation des négociations d'adhésion pour décembre 2004.
Cet apport d'optimisme a eu une grande incidence sur l'économie nationale. Ainsi, les derniers indices confirment que la Turquie a pu s'extraire du marasme économique qui avait débuté au printemps 2001.
L'année 2002 a permis d'asseoir et de développer encore plus les relations séculaires entre nos deux pays. Ainsi, l'Algérie et la Turquie, qui défendent des approches similaires sur plusieurs dossiers internationaux, ont pu poursuivre une coopération fructueuse dans le domaine politique.
Sur le plan économique, je suis heureux de vous apprendre que les dirigeants des plus grandes entreprises turques qui se succédent ces derniers temps dans mon bureau montrent un grand intéràªt à  investir en Algérie. Je tiens à  souligner que ces entreprises qui ont fait leurs preuves, notamment en Russie, en Asie centrale et dans les Balkans veulent profiter des réformes conduites ces derniéres années pour s'établir en terre algérienne. En effet, l'Algérie dispose de nombreux atouts, parmi lesquels une main-d'uvre fortement qualifiée, un marché national porteur et un accés privilégié aux grands marchés maghrébin et africain.
Les premiers exemples de partenariat formés entre les entreprises turques et leurs collégues algériens me permettent d'envisager sereinement l'avenir.
La compagnie Turkish Airlines s'appràªte à  instaurer un cinquiéme vol hebdomadaire pour pouvoir répondre à  l'enthousiasme de nos amis algériens à  visiter la Turquie. En comptabilisant les vols des compagnies Air Algérie, Khalifa Airlines et la toute derniére Rym Airlines, la fréquence des vols hebdomadaires a atteint des niveaux trés satisfaisants.
Enfin, je suis heureux d'annoncer que la quatriéme des Journées turques en Algérie, qui attirent traditionnellement des dizaines de miliers de visiteurs, se tiendra parallélement au Ier Salon turc du bà¢timent et des matériaux de construction en février 2003 au Palais des expositions à  Alger.
Pour conclure, je voudrais attirer l'attention sur le fait que, malgré tous les défis auxquels a dà» faire face la communauté internationale en ce début de siécle, les prophéties noires d'essence « huntingtonienne » ne se sont heureusement pas réalisées. Au contraire, une évolution émerge en ce qui concerne une coopération encore plus avancée entre des pays ne partageant pas forcément un màªme code de croyances, mais ayant en commun un systéme de valeurs universelles en vue de faire face aux innombrables défis du temps présent.
A. U.
(*) Ambassadeur de la République de Turquie

Biographie
Attila Uzer, ambassadeur de la République de Turquie à  Alger, dresse un bilan exhaustif de la politique de son pays durant l'année 2002 qui a vu le parti de Tayyip Erdogan remporter les élections législatives. Concernant les relations avec l'Algérie, il annonce pour cette nouvelle année de grands projets de partenariat dans le domaine du transport aérien et dans d'autres projets économiques. 

 

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