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« La France et l'Algérie vont mieux se connaà®tre »

D. B.
01-01-2003

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Par Daniel Bernard

S'il est un domaine o๠l'année nouvelle s'ouvre sous les meilleurs auspices, c'est bien la relation franco-algérienne. C'est une raison d'espérer, alors qu'ailleurs dans le monde, trop de crises internationales sont lourdes d'incertitudes, en Irak d'abord, mais aussi au Proche-Orient et màªme en Cà´te d'Ivoire, pour ne citer que ces quelques exemples.
Chacun sait qu'en 2003, de grands rendez-vous attendent la France et l'Algérie, en premier lieu l'Année de l'Algérie en France et la visite d'Etat du Président Chirac. Je voudrais saisir cette occasion pour vous livrer ce que je crois en àªtre le sens profond.
Vu, d'Alger, l'Année de l'Algérie en France est souvent perà§ue soit comme un puissant dispositif de communication pour améliorer l'image du pays à  l'étranger, soit comme une occasion exceptionnelle de donner une dynamique nouvelle aux secteurs culturels en Algérie. Ces deux objectifs sont bien légitimes au demeurant. Mais vue de France, l'Année de l'Algérie a une autre signification. Les Algériens savent tout ou presque de la France. Les Franà§ais d'aujourd'hui ne connaissent trop souvent l'Algérie qu'à  travers des clichés réducteurs. Ils ignorent pour beaucoup la richesse de sa culture, ce qu'elle peut avoir de commun avec la nà´tre et ce qu'elle peut nous apporter. Y remédier est la grande ambition de l'Année de l'Algérie en France, car la relation bilatérale ne doit pas fonctionner à  sens unique, ni le dialogue des civilisations rester un vain mot ou une ancienne politique.
La visite d'Etat du Président Chirac, aprés celle du Président Bouteflika en 2000, témoigne d'une volonté politique forte, de part et d'autre de la Méditerranée, de construire une relation nouvelle. Ce doit àªtre une relation ferme et durable au-delà  de l'écume de l'actualité immédiate, une relation résolument tournée vers l'avenir qui donne à  l'Algérie, à  travers la France, une ouverture sur l'Europe et à  la France, à  travers l'Algérie, une ouverture sur le monde arabe et africain.
L'Algérie vient de signer, aprés ses voisins du Maghreb, un accord d'association avec l'Union européenne qui doit encore àªtre soumis en 2003 à  nos Parlements. Il préfigure, nous en sommes convaincus, un nouvel espace d'échange et de partage. Il sera aussi une puissante incitation aux réformes et à  la modernisation. Car l'Europe et le Maghreb sont appelés à  bà¢tir de nouvelles solidarités, fondées sur le respect mutuel, le dialogue des cultures et le développement économique. La France et l'Algérie, par leur histoire et leur géographie, ont une vocation naturelle à  en àªtre les pivots et, dans l'immédiat, elles ont le devoir d'en àªtre les moteurs.
Ce partenariat ambitieux entre la France et l'Algérie est porteur d'espoir pour la communauté internationale. Une autre grande échéance, multilatérale celle-là , de l'année 2003 associera nos deux pays : le sommet du G8 à  Evian en juin prochain. L'Algérie y fera, avec d'autres, entendre la voix de l'Afrique au titre du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) dont elle est membre fondateur. Elle trouvera la France à  ses cà´tés pour défendre l'avenir de ce continent qui nous est si proche et si cher.
Derriére ces grandes échéances, derriére les symboles qu'elles représentent, il y a le concret de notre travail quotidien, à  nous Franà§ais et Algériens : nos entreprises sur qui repose par exemple le succés du récent accord de conversion de la dette algérienne en investissements, tous nos amis algériens, qui mettront leur énergie au service des réformes nécessaires, notre coopération qui poursuivra sa montée en puissance, les artistes, écrivains ou intellectuels, qui seront les vrais acteurs de l'Année de l'Algérie en France, et j'en passe.
On peut me trouver optimiste ou lénifiant. Mais à  la question « Que nous réserve 2003 ? », je préfére répondre : « Que ferons-nous de 2003 ? »

D. B.

Biographie
Né en 1941, l'ambassadeur de France en Algérie est licencié és lettres (anglais) et diplà´mé de l'Institut d'études politiques de Lyon. Il a été conseiller diplomatique du président de l'Assemblée nationale franà§aise de 1988 à  1990. De 1990 à  1993, il est directeur de la presse, de l'information et de la communication et porte-parole du ministére des Affaires étrangéres. Il occupera successivement les postes de directeur de cabinet au ministére des Affaires étrangéres (1992-1993), ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à  La Haye (1993-1995), ambassadeur, représentant permanent de la France auprés de l'Office des Nations unies à  Genéve (1995-1998), ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à  Londres (1998-2002) et ambassadeur et haut représentant de la République franà§aise à  Alger depuis septembre 2002. M. Bernard est également chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre national du mérite.

 

 

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