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« L'année de tous les dangers »

L. H.
01-01-2003

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Par Louisa Hanoune

Au fur et à  mesure qu'avance le compte à  rebours pour l'avénement de l'année 2003, l'angoisse grossit dans les curs de toutes les femmes et tous les hommes épris de paix, sur tous les continents. Cela parce que MM. Bush et Blair ont, depuis plusieurs mois, signifié que quelles que soient les conclusions des experts de l'ONU sur l'armement en Irak, la guerre aura lieu. () Le gouvernement sanguinaire d'Israà«l aussi intensifie les préparatifs de guerre avec l'aide américaine, décidé qu'il est de tirer profit de la situation pour exterminer les populations palestiniennes. Des millions de femmes et d'hommes manifestent depuis trois mois partout dans le monde, plus particuliérement en Europe et aux Etats-Unis, contre la guerre « Pas en notre nom ! », « Non à  la guerre ! » et « Pas de sang pour le pétrole ! », tels sont les mots d'ordre repris massivement sur tous les continents en réponse à  l'appel vibrant de 16 000 intellectuels et artistes américains « aux femmes et aux hommes de conscience ». A l'échelle de la planéte, la peur des lendemains incertains pour l'humanité entiére est le dénominateur commun. Car cette guerre-là  « sera totale et longue », a annoncé M. Bush au lendemain des attentats de New York, en septembre 2001. Déjà , les travailleurs et les jeunes en savent quelque chose : dans tous les pays, à  commencer par les Etats-Unis, des centaines de milliers d'emplois ont disparu dans la tourmente, sans précédent depuis 1929, qui frappe l'économie mondiale et principalement les multinationales américaines, engloutissant des milliards et des milliards de dollars dans les faillites et minikrachs boursiers, avec pour corollaire les fermetures volontaires des entreprises, les « plans sociaux » de licenciements massifs dans le cadre des privatisations. Et dans tous les pays, une offensive sans précédent est menée au pas de charge par les gouvernements aux ordres du FMI, la Banque mondiale, l'OMC, l'UE contre les normes de travail, les législations nationales, les statuts nationaux et systémes de sécurité sociale et de retraite, en résumé contre tout ce qui fonde l'unité des travailleurs comme classe sociale dans leurs organisations syndicales.
Pour cela, les gouvernements, sous la direction du gouvernement américain au service des multinationales, s'attaquent aux conventions de l'OIT pour généraliser la déréglementation, la réduction du coà»t du travail et organisent le démembrement des nations, des cadres nationaux par la régionalisation, la décentralisation, afin de faciliter le pillage des peuples par le bradage de leurs richesses et l'émiettement des travailleurs pour briser leur résistance.
A cette fin, toujours, et à  commencer par les Etats-Unis màªmes, une offensive sauvage est dirigée contre les libertés syndicales, le droit de gréve sous couvert de « sécurité intérieure », de « lutte contre le terrorisme ». La « guerre totale » de M. Bush, est une guerre contre tous les peuples, contre les nations pour relancer l'industrie d'armement. C'est une guerre sociale contre les travailleurs et leurs organisations. C'est une guerre qui, par delà  l'horreur dont elle est porteuse quant aux dégà¢ts humains, menace de plonger l'humanité dans la barbarie et le chaos, de détruire les bases de la civilisation humaine () Cette guerre-là  dont les enjeux sont, par delà  la forme que prend la crise politique, fondamentalement économiques et indissociables de la politique mondiale de domination, est déjà  le lot quotidien du peuple algérien depuis onze ans avec toutes ses dimensions : sécuritaire, politique et sociale. Son bilan est d'ores et déjà  terrible. Notre pays est exsangue. Et c'est cette màªme guerre que MM. Temmar, Khelil, Boukrouh et Louh veulent accélérer encore plus pour satisfaire les exigences de leurs maà®tres qui décident dans le FMI, l'OMC, la Banque mondiale au risque de provoquer l'irrémédiable : la zaà¯risation du pays par le plan de privatisation-liquidation de la production nationale, la suppression des barriéres tarifaires, les projets de loi sur les hydrocarbures et les zones franches, la réforme du systéme de protection sociale, de la Fonction publique, qui viennent compléter le projet de destruction de l'unité de la République par la réforme des structures et missions de l'Etat bien évidemment, les secteurs vitaux de la santé, l'éducation nationale et l'enseignement supérieur ne sont pas épargnés pas plus que ne le sont les banques, l'eau, le téléphone et autres services. C'est d'ailleurs en prévision de la privatisation de ces services que sont annoncées les augmentations dans la tarification de l'eau et l'électricité, alors que l'année 2002 a été marquée par la multiplication des émeutes partout, précisément contre l'absence du minimum vital pour les populations.
C'est une opération de démolition totale que programme le gouvernement et dans laquelle les ministres, au service du capital international, ne lésinent sur aucun moyen pour arracher jusqu'aux racines de la République. Jamais la nation algérienne n'a été autant visée dans son existence. Car en plus de ce programme de destruction massive, de la décomposition sociale affreuse, la violence continue de faucher chaque jour des vies humaines, alors que la crise provoquée et entretenue en Kabylie par le non-réglement des problémes et la non-réparation des préjudices subis par des centaines de familles dans leurs chairs, par les arrestations, creuse dans la chair de la nation ouvrant la voie au pire. Qui oserait prétendre que ce tableau terrifiant ne correspond pas à  la réalité ? Pourtant, au Parti des travailleurs, nous ne l'acceptons pas comme une fatalité et restons convaincus qu'il n'est pas trop tard pour empàªcher le désastre () Oui, nous avons encore l'espoir et la volonté de nous battre pour un monde de paix, de fraternité et de progrés véritable, un monde fondé sur la libre coopération entre les peuples garantissant les intéràªts mutuels. Nous puisons notre espoir et notre détermination dans la mobilisation sans précédent des travailleurs algériens dans tous les secteurs, qui se dressent contre les privatisations/pillage, contre la dépermanisation/contractualisation, les licenciements, contre la remise en cause de leurs droits et acquis, et qui, ce faisant, défendent bec et ongles la République une et indivisible () Cet espoir et cette détermination sont confortés également par les centaines de milliers de manifestants dans le monde contre la guerre et pour la défense des droits sociaux () Enfin, cet espoir et cette détermination, nous les devons à  la glorieuse Intifadha qui, chaque jour, inscrit des pages de sang et de sacrifices pour que, à  travers la libération du peuple palestinien par le recouvrement de sa terre, l'humanité avance dans la voie de son émancipation des chaà®nes de l'oppression et de l'exploitation, dans lesquelles l'enferme le systéme mondial de la propriété privée des grands moyens de production.
N'avons-nous pas raison d'espérer ?
A bas la guerre ! A bas l'exploitation !

L. H.


Biographie
Née en 1954, la porte-parole du Parti des travailleurs (PT) est diplà´mée de la faculté de droit de Annaba. Louisa Hanoune adhére en 1981 à  l'Organisation socialiste des travailleurs (OST), un parti clandestin. Elle est arràªtée deux fois, en 1983 puis en 1988, pour appartenance à  une organisation clandestine. Elle est signataire du contrat national conclu à  Rome en 1995. Elle a été élue à  l'Assemblée nationale en juin 1997 et réélue aux législatives de mai 2002.

 

 

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