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Pour une nouvelle coopération entre l'Algérie et les Nations unies

P. L.
01-01-2003

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Par Paolo Lembo (*)

Voilà un peu plus d'une année que je suis en Algérie et j'ai eu au cours de cette courte période la possibilité d'observer et de comprendre beaucoup de choses qui ont trait à ce beau pays. J'ai eu, dans ma fonction de Coordonnateur résident du systéme des Nations unies, la possibilité de rencontrer beaucoup de personnes, des responsables gouvernementaux mais aussi des représentants de la société civile algérienne, les organisations non gouvernementales, des journalistes et responsables de médias, des gens de l'université, mais aussi à de nombreuses occasions - lors de mes voyages à l'intérieur du pays et mes sorties à Alger - des citoyens algériens simples qui croient en l'avenir de ce pays.
Je voudrais dire tout de suite que je partage, bien entendu, pleinement cette vision, qui est une vision d'espoir et de conviction. Votre pays jouit non seulement des nombreuses richesses naturelles, mais également du potentiel humain qui lui permettra de reprendre la place qui est la sienne dans la vision que nous, étrangers, avons, avions dans notre jeunesse, et avons encore de l'Algérie. Ce pays dont les luttes pour la liberté et la justice sociale ont marqué des générations posséde effectivement un potentiel immense, proche de nous à bien des égards. Ce qui me fait dire que cette année sera une année charniére pour le devenir du pays et je voudrais expliquer mon point de vue :
Les derniéres années, notamment celles de la décennie 1990 et plus particuliérement la derniére année que j'ai passée avec vous a, me semble t-il, pour beaucoup servi à assurer la plate-forme nécessaire our une recomposition globale de la vie économique et sociale dans votre pays.
L'année 2003 sera, je suis sàr, celle de la concrétisation de ces préparatifs au plan des réformes économiques, sociales, institutionnelles qui sont en cours et que le programme des Nations unies pour le développement et, de faàon plus large, le systéme des Nations unies en Algérie (Unicef, le FNUAP, BIT, OMS, Onudi, FAO, PAM et le HCR entre autres) appuient déjà ces initiatives et sont appelés à les renforcer. Ces organismes internationaux coopérent, en effet, pour la concrétisation des objectifs que les pouvoirs publics se sont assignés particuliérement en matiére de réformes économiques et sociales et en matiére de gouvernance. Ces actions vont dans le sens du renforcement de la démocratie et de la transparence qui sont, à l'heure actuelle, reconnues comme une des conditions de base pour le développement, avant màme les ressources financiéres.
Ils sont, en effet, un facteur aujourd'hui reconnu pour àtre de la plus grande efficacité dans l'action de lutte contre la pauvreté, contre les inégalités et pour l'amélioration du niveau et du cadre de vie des populations.
Sur présentation de notre bureau d'Alger et du gouvernement algérien, le champ des réformes et de la gouvernance démocratique est le premier domaine de coopération défini par le conseil d'administration du Pnud en juin 2002 pour l'Algérie.
L'action dans ce domaine a porté jusqu'à présent sur les grandes réformes du secteur économique, notamment l'assistance à la modernisation du systéme banquier et financier en général, et a permis, entre autres, gràce à l'appui que nous apportons, entre autres, à la Société de garantie des crédits immobiliers et à la Banque nationale d'Algérie de faire en sorte que les jeunes et les citoyens peuvent plus facilement accéder à un crédit pour un logement, sachant que les garanties de remboursement sont désormais prises en charge institutionnellement et ne sont plus de la responsabilité des individus isolés.
Nous avons par le passé aussi, et nous continuons encore, à appuyer le processus de négociation qui va permettre l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et ce, pour une plus large participation de l'Algérie dans les flux d'échanges de biens et de services, pour que les entreprises algériennes puissent encore mieux bénéficier des potentialités offertes par les marchés mondiaux ; ce qui les mettrait en position de créer plus d'emplois et de résorber de cette faàon le chàmage qui touche la population algérienne, principalement les jeunes. C'est pourquoi je souhaite donc que l'année 2003 soit celle de l'adhésion de l'Algérie à l'OMC.
Je ne voudrais pas entrer dans les détails de tous les programmes que nous menons, mais je voudrais quand màme signaler que nous avons également des projets pour mieux asseoir la sécurité sociale et la protection sociale de maniére générale. En matiére de lutte contre la pauvreté, et dans le cadre de ce que nous appelons le développement communautaire, nous souhaitons voir ce type de projet se démultiplier dans d'autres régions, éventuellement par d'autres organisations internationales ou par les autorités et les ONG nationales. Ce schéma d'action de proximité, retenu dans le principe, lors de la grande Conférence sur la pauvreté, tenue en octobre 2002, avec l'assistance du Pnud et d'autres bailleurs de fonds, conférence au cours de laquelle nous avons engagé une réflexion stratégique avec le ministére en charge de l'emploi et de la solidarité nationale pour la définition des plans d'actions concrets.
Nous sommes également aujourd'hui en train de préparer et de mettre en uvre de nouveaux projets dans ce domaine de coopération particuliérement important que constituent les réformes dans des secteurs tels que la justice et l'approfondissement des processus démocratiques. J'ouvrirai une parenthése pour dire que nous venons de revenir avec une délégation de parlementaires algériens d'un séjour en Italie oà les députés algériens ont pu observer la maniére dont les députés italiens restent en contact avec leurs mandants, de telle sorte que les processus électifs aient un sens réel pour les populations locales.
Nous espérons et souhaitons pour l'Algérie que de nombreux autres projets puissent àtre conàus et connaissent un début de réalisation au cours de cette année 2003 dans ce type d'activité qu'est la gouvernance démocratique, avec plus encore de transparence, plus encore de participation populaire, plus encore d'efficacité dans l'activité des administrations, dans l'activité des entreprises, dans l'activité publique en général.
Nous comptons également appuyer les conditions d'une meilleure connaissance de la situation de la femme, tout en continuant à appuyer le développement de l'emploi féminin ou celles des actions de proximité, notamment contre la violence à l'égard des femmes, que nous avons en cours.
Notre effort, et je suis sàr qu'il est commun, va, bien entendu, comme je l'ai souligné, dans le sens de l'amélioration des conditions de vie des populations et je formule encore une fois le vu pour que l'année 2003 donne lieu à de nouvelles opportunités pour améliorer le cadre et la qualité de vie des Algériennes et des Algériens.
Je pense notamment, dans un second domaine de coopération pour le Pnud et le systéme des Nations unies, aux questions de l'environnement pour lequel un trés grand intéràt a été montré par les pouvoirs publics algériens et de nombreuses associations.
Je pense sincérement que le cadre de vie est certainement appelé, dés 2003, à connaàtre des débuts d'amélioration tangibles, puisque, par exemple, les problémes de l'eau et l'accés à une eau saine pour les populations commencent à àtre pris en charge pour éliminer les pénuries que beaucoup de villes connaissent. Je pense aussi aux questions de collecte et de traitement des déchets solides pour lesquels populations et pouvoirs publics et bailleurs de fonds sont de plus en plus sensibles.
Ceci est important pour nous dans le cadre du systéme des Nations unies parce que l'accés à des conditions de vie décentes, et notamment l'accés à l'eau potable constituent un des objectifs du millénaire qui sont, comme les lecteurs du Matin le savent, un engagement collectif que se sont donné la Communauté mondiale et les gouvernements de la planéte de réduire de moitié la pauvreté dans le monde à l'horizon 2015 et d'améliorer de ce fait l'éducation, la santé, l'accés à l'eau et les autres conditions environnementales pour les populations les plus vulnérables et les plus pauvres. Nous réalisons en ce moment màme, en collaboration avec le gouvernement, le rapport algérien sur les objectifs du millénaire et j'espére que nous pourrons en organiser la discussion et la diffusion la plus large au début de cette année.
Nous sommes aux Nations unies aussi concernés non seulement par les conditions de vie immédiates, mais aussi par la préservation du patrimoine commun de l'humanité.
Des projets existent dans ce contexte, notamment dans le Grand Sud pour la préservation de la biodiversité ou en relation avec la lutte contre la désertification dans le cadre des changements climatiques ; ces projets, pluriannuels, sont appelés à se développer au cours des années à venir. Je suis sàr qu'ils pourront aider à améliorer sensiblement les conditions du patrimoine en Algérie, qu'il s'agisse, d'ailleurs, du patrimoine naturel ou qu'il s'agisse du patrimoine culturel commun.
Etant moi-màme issu d'un pays méditerranéen, je suis particuliérement sensible à la question, et nous espérons pouvoir développer dans ce contexte des projets pour la restauration de certains sites historiques qui se trouvent en Algérie et qui, à l'instar du fort de Santa Cruz d'Oran, ou d'autres sites que l'on pourra définir, peuvent devenir un symbole de l'interculturalité rénovée entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée.
L'Algérie et l'Europe, qui fàte Noàl au moment oà ce message d'espoir est écrit, sont aujourd'hui liées par un accord de partenariat. Notre attitude à ce sujet part de l'idée que les deux rives sont liées géographiquement et màme physiquement par les gazoducs qui fournissent l'énergie à l'Europe, et qu'ils sont surtout liés par l'histoire commune depuis la nuit des temps.
Je voudrais dire, enfin, que la coopération euro-algérienne, historiquement enracinée, pourra màme devenir, à partir de 2003, pour peu qu'elle s'élargisse à tous les champs d'intéràt communs et que les entraves mentales et institutionnelles soient levées, de part et d'autre, un modéle de convivialité et de réciprocité et ce, pour le bien des peuples.

(*) Coordonnateur résident du systéme des Nations unies en Algérie

 

 

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